Désolé

 

Il est formel, ils se connaissent.

-C’est pas possible que tu te rappelles pas ! il gueule. Moi, je connais que toi !

L’autre est gêné.

-Tu te souviens pas la fois où on a fini la quéquette à l’air ? il insiste.

Rien.

-Avec la postière ?

Nada.

C’est embarrassant. Celui qui n’a pas de mémoire regarde ailleurs. Mais l’autre y tient.

-Tu te rappelles mon prénom, quand même ?

-Non.

-Jean.

Ils ne se regardent plus.

-Et ma sœur, tu te souviens de ma sœur ?

-Non.

-Eh bah elle est morte.

-Ah, merde. C’est quoi, ton prénom, déjà ?

-Jean.

-Je suis désolé, Jean.

 

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